Dialogue social: Accord encourageant mais insuffisant

Noureddine Benchekroun/ Bureau de Marrakech
En réponse à une question d’un journaliste concernant le dialogue social, le porte-parole du gouvernement a rappelé que la question a été tranchée par l’accord du 26 Avril de cette année, et que nous devons accorder un peu de temps pour l’élaboration des lois réglementaires pour la mise en œuvre des résultats de cet important accord entre le gouvernement et les centrales syndicales.
Ceci dit, et pour mettre le lecteur dans le vif du sujet, faisons un bref rappel des revendications présentées et des réalisations jusqu’à lors réalisées, sachant que les centrales syndicales sont dans l’obligation de continuer la défense de leur cahier revendicatif assez chargé en réponse à la pression de la classe travailleuse agressée au quotidien par le coût de la vie.
En effet, l’accord statut:
-Une augmentation de salaire pour la fonction publique de 1000 Dhs à décaisser en deux tranches de 500 Dhs chacune, la première durant cette année et la seconde en 2025.
-Augmenter les salaires des travailleurs du secteur privé, y compris les activités agricoles de 10% également décaissable en 2 tranches.
Des mesures certes encourageantes, mais encore insuffisantes et les centrales syndicales ont encore un long chemin du militantisme et de synergie de leurs actions pour négocier un cahier revendicatif assez chargé.
A noter également que le présent accord concerne un cahier revendicatif déjà présenté en 2022, et qu’en ces deux dernières années plusieurs denrées alimentaires de base ont connu une augmentation sans précédent et la facture énergétique ( gaz, essence et gasoil) pèse énormément sur la bourse du citoyen de la petite et moyenne classe.
Outre, l’accord comprend:
-Une révision du système fiscal, notamment une réduction du taux d’imposition de 1% (37% au lieu de 38%) et une exonération totale pour les travailleurs dont le revenu annuel n’excède pas 30.000 dirhams avec objectif d’élever ces revenus pour atteindre 40.000 Dhs annuellement.
-Augmentation de la déduction fiscale sur les charges familiales, qui passera à 500 dirhams au lieu de 360 Dhs pour chaque membre de la famille ( à hauteur de 6 personnes), une mesure qui va se répercuter sur les revenus du salarié dont l’augmentation pourrait osciller entre 150 à 400 Dhs.
En clair, le rôle du gouvernement n’est autre que la gestion des ressources qui apparemment, ont connu une nette amélioration.
En effet, cet argent doit servir à améliorer les conditions de vie du citoyen et à répondre aux revendications syndicales longtemps négligées et dont les négociations sont restées trébuchantes.
En plus, les salariés ne doivent en aucun cas payer la facture d’entente entre le gouvernement, patronats et les centres syndicales au nom de la paix sociale, car cette dernière est impossible à instaurer sous pression de la cherté de la vie et de détérioration du pouvoir d’achat du citoyen.
Donc et comme cité auparavant, les représentants des salariés ont la lourde responsabilité d’imposer au gouvernement de continuer la voie des négociations pour arracher plus de droits.
A cela s’ajoute le prix à payer par le salarié pour le projet proposé par le gouvernement en vue de réformer les retraites.
En effet, les syndicats sont conscients des dérapages et des mauvaises gestions qu’ont connues les caisses de retraite de l’état et le salarié aujourd’hui ne doit en aucun cas payer tous les pots cassés de ce lourd héritage.
Enfin, la loi réglementant les grèves peine à être mise en place et ce, depuis 1962.
Certes cette loi va réglementer les conflits d’intérêts et assurer un équilibre entre les revendications des travailleurs et les intérêts du patronat.
Toutes les constitutions ont évoqué cette loi réglementaire depuis soixante deux ans sans qu’elle soit jamais mise en place.On espère que cette question soit résolue une fois pour toute et que la grève en tant que droit constitutionnel ne doit pas plus être un tabou et pratiquée hasardement.
Marrakech le 01/09/2024