
Noureddine Benchekroun /Bureau de Marrakech
Le scandale retentissant et la distorsion diplomatique survenus récemment lors de la session préparatoire du forum TICAD (Conférence Internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique) et dont les acteurs étaient la délégation algérienne et ses pions du Polisario, représentent une première dans l’histoire des congrès et des forums internationaux.
D’ailleurs l’Algérie est devenue championne et a battu tous les records mondiaux de la magouille politique, et il n’est plus étonnant d’assister à de semblables manœuvres de la part d’un régime qui considère l’affaire du Sahara Marocain principale raison de son existence.
En effet, le sommet de la TICAD est un forum nippo-africain semblable à d’autres forums mondiaux qui sont des réunions de discussions et de concertations pour plus de coopération.
Ce forum accueille, outre le Japon, les pays africains membres de l’Union africaine tenus d’être membres des Nations Unies.
# La tentative Algérienne
Ce qui a provoqué un tollé depuis la séance d’ouverture de ce comité préparatoire, c’est la tentative Algérienne de reproduire le scénario de l’année dernière en Tunisie, où le président Kais Saied s’est soumis à la pression algérienne et a accepté la présence du Polisario dans le forum, et a même reçu officiellement le président de la pseudo RASD, ce qui a généré un différend diplomatique Marocco-Tunisien, le premier de cette ampleur dans l’histoire de la relation entre les deux pays frères.
Aujourd’hui, l’Algérie a tenté de répéter ce scénario sur le territoire japonais, en essayant d’infiltrer des membres du Polisario munis de passeports diplomatiques algériens au sein de sa délégation officielle.
Mais la question qui saute immédiatement à l’esprit est de savoir pourquoi l’Algérie tente ces manœuvres spécifiquement avec le Japon et n’ose pas le faire au sein d’autres forums similaires comme ceux avec la Russie ou l’Arabie Saoudite ?
Pour répondre à cette question il faut se pencher sur le problème juridique avant d’analyser tout ce qui est géostratégique concernant la position du Japon en faveur de la proposition d’autonomie présentée par le Royaume pour la question du Sahara marocain.
# Le cadre juridique des organisations régionales et continentales.
En effet, le Japon, en plus de sa non reconnaissance de la pseudo RASD, respecte à la lettre le chapitre 8 de la charte des Nations Unies, selon lequel les organisations internationales telles que l’Union africaine ne sont pas des organisations parallèles aux Nations Unies ou des gardiennes de la paix et de la sécurité ayant le pouvoir de reconnaître ou non des entités fantoches, mais des organisations qui ont été créées principalement pour la coopération et l’intégration régionale entre les États membres des Nations Unies.
En d’autres termes, aucune organisation régionale ne peut créer son propre cadre juridique en conflit avec les fondements juridiques de l’organisation onusienne.
Outre les Nations Unies appellent à la multiplication et au renforcement de ces organisations régionales et à leur implication dans l’établissement de la paix et de la sécurité, à condition de ne pas dépasser le cadre institutionnel et juridique tracé par consensus international.
# L’erreur monumentale de L’ O.U.A
Donc, de ce qui précède, et tant que la question du Sahara marocain relève de la compétence des Nations Unies et du Conseil de sécurité, il n’est pas possible pour l’Union africaine de statuer sur quoi que ce soit concernant cette affaire.
D’ailleurs, on se rappelle qu’en 2018, cette dernière a publié une résolution de son conseil de paix et de sécurité selon laquelle elle affirmait que le différend artificiel sur le Sahara relevait de la compétence exclusive du Conseil de Sécurité.
De là, on comprend que l’Union africaine ne peut pas être une autorité pour reconnaître un État et lui permettre d’avoir une existence juridique et légale.
Et pour mémoire, lorsque le Maroc s’est retiré de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1984, il a protesté de la conspiration qui s’était ourdie contre son droit sur ses territoires et non contre la valeur juridique qui était quasiment absente par l’acceptation de la prétendue RASD au sein de l’Organisation africaine.
À cela s’ajoute le fait, qu’en droit international, un État ne tire pas sa légitimité du nombre de reconnaissances au sein des organisations, mais plutôt de la présence de la population et du territoire, chose que les séparatistes et leurs souteneurs Algériens ne sont jamais arrivés à le confirmer.
# Espace de manœuvres algériennes de plus en plus rétréci.
Revenant à l’Algérie pour dire que ce pays n’a jamais osé utiliser ce langage de magouilles face aux Etats Unis d’Amérique, à la Russie, à la Chine ou même à la majorité des pays arabes.
En effet, ces derniers ainsi que les USA reconnaissent la marocanité du Sahara et demeurent impénétrables à toute infiltration séparatiste.
Pour les chinois, qui sont déjà présents en Afrique, ils connaissent bien le conflit et soutiennent son processus juridique.
Quant aux Russes, ils ne cessent de faire preuve de sagesse politique dans le traitement de la question du Sahara marocain au sein du Conseil de sécurité.
Et même l’Union européenne au sein de laquelle l’Algérie trouvait autrefois refuge à ses complots à travers ses pions corrompus commence à tourner le dos aux militaires d’Alger surtout après la récente position française en faveur de la marocanité du Sahara.
# Nouvelle doctrine sécuritaire et militaire nippone
Avec un statut assez spécial et une politique étrangère presque sous tutelle américaine et occidentale, le Japon qui est resté à l’écart de tout conflit politique depuis la deuxième guerre mondiale, commence à chercher place au sein de la politique internationale au fur et à mesure que les USA instaure de nouveaux paramètres pour son équation géopolitique à travers le monde.
D’ailleurs, à partir de 2021,
les Japonais ont commencé à construire une nouvelle doctrine sécuritaire et militaire, parallèlement à leur détermination de tenir à temps ce forum avec les pays du continent Africain gorgé de ressources et où les opportunités d’investissement ne manquent guère.
Outre, et ce qui caractérise ce pays, c’est qu’après être témoin des drames de la bombe atomique et de l’humiliation suite à sa défaite à la deuxième guerre mondiale, il respecte l’intégrité territoriale des États d’avant l’impérialisme Européen.
Donc pour les japonais, le Maroc n’est autre que le Royaume Chérifien avec tous ses territoires cartographiés fin du XIX siècle.
# Le Marocs’impose
majestueusement.
Ce changement géopolitique progressif du Japon, notamment vers l’Afrique, outre la position très avancée de ce pays sur la question du Sahara marocain, n’est pas bien accueillie par le régime Algérien qui tente de brouiller les pistes d’entente et créer des tensions entre le Maroc et le Japon, sachant que le Royaume de part sa position géographique et sa grande maîtrise du marché Africain est considéré aujourd’hui un conseiller de taille pour toute démarche de coopération avec le continent Africain.
Marrakech le 27/08/2024