
Noureddine Benchekroun/Bureau de Marrakech
A l’issue de sa visite au Maroc, la ministre française des Affaires étrangères a affirmé le maintien de la position de son pays pour l’affaire du Sahara Marocain. Également, elle a réitéré le soutien de son pays à la proposition d’autonomie soumise par le Maroc.
Deux déclarations à analyser plus en détail, surtout que la relation Franco-Marocaine est encore tendue ( officieusement) et que le dégel de ce différend dépendra de la position de la France envers une affaire très sensible pour le Maroc » le Sahara Marocain « .
Si on commence par le bas de l’échelle, Paris s’est engagée pour restaurer l’activité consulaire, cela peut être considéré comme une déclaration annonciatrice d’un changement de position de la France concernant les visas pour les Marocains souhaitant visiter ce pays.
Cette question des visas reste pour le Maroc une question souveraine de la France, d’ailleurs, elle a concerné tous les pays du Nord de l’Afrique et elle en cours de résolution. Même chose pour le retrait de l’ambassadeur qui n’a été suivi d’aucune position politique.
Cette visite, s’effectue après les changements cruciales intervenus ces deux dernières années et qui ont eu de grandes influences sur l’équilibre stratégique dans la région Nord-Africaine.
En effet, de la libération du passage de
« El Guerguerat » , en passant par la reconnaissance Américaine de la marocanité du Sahara, aux changements des positions Espagnoles et Allemandes en faveur du Maroc, celui-ci, continu à réussir ses démarches en faveur de sa cause territoriale.
Trois événements déterminants qui sont entrain de changer les positions de forces dans les portes de l’Afrique en l’absence de la France.
Cette dernière n’a plus le choix, que de prendre place dans le wagon de ce train guidé par des exigences géostratégiques dont le Maroc est partie prenante ( position géographique oblige).
A vrai dire, même pendant les périodes les plus obscures de la relation Franco- Marocaine, la France ( position officielle) avait toujours mesuré ses pas et ne s’est jamais engouffrée dans dans l’illégalité internationale comme l’avait fait l’Espagne en recevant le surnommé
» Ben Batouche ».
L’invitation des séparatistes du Polisario au parlement Français, a été faite par un groupe parlementaire hostile à l’intégration territoriale du Maroc et constitue un cas isolé et une position qui n’émane pas de l’État Français.
Une telle relation, entre deux États nations qui se sont toujours respectés hormis les tractations de temps à autre est une relation bien immunisée contre quiconque » virus » déstabilisateur à courte durée de vie. Le Polisario et ses protecteurs commencent déjà à prendre places dans la
» Moulinex » de l’histoire.
Ceci dit, la responsable Française a bien saisi le message à transmettre à l’Élysée, le Maroc attend de la France une reconnaissance de la Marocanité du Sahara. Sachant que le Royaume chérifien n’est plus disposé à accepter la politique du double » jeu » de quiconque partenaire.
Outre, le conseil de sécurité et depuis 2013 a toujours lié le problème du Sahara Marocain au problème du Sahel.
Et puisque la France a échoué dans cette région Africaine laissant des territoires aussi vastes à la merci du terrorisme et puisque le Maroc, devenu force régionale incontestable et expert dans la lutte contre le terrorisme tel qu’il soit , la France, aujourd’hui, est dans l’obligation de s’allier à ce partenaire redoutable. Une alliance qui exige de l’ex colonisateur de reconnaître la Marocanité des territoires du Sahara. D’ailleurs, la France maîtrise mieux quiconque ce dossier, et garde toujours dans ses archives les réalités qui confirment cette appartenance à la nation mère.
Pour conclure, nous pouvons dire que, la responsable Française venue pour
» prospecter » le terrain n’a eu qu’un seul message à transmettre aux responsables Français, celui de la clarté de la position officielle concernant l’affaire du Sahara Marocain.
Dans le contexte actuel, et de ce qui précède, la France serait contrainte d’accepter cette réalité pour continuer à jouer le rôle géostratégique qui commence à lui échapper en faveur d’autres puissances.