
Noureddine Benchekroun /Bureau de Marrakech
Comme on pouvait s’y attendre, la nouvelle position française concernant l’affaire du Sahara Marocain a créé une sorte de phobie chez les militaires d’Alger.
D’autant plus, la publication du communiqué du ministère algérien des affaires étrangères avant même la lettre officielle du président Macron à sa Majesté le Roi Mohammed VI et la façon dont ce communiqué a été rédigé exprime le grand mécontentement des Algériens de ce revers de position, sachant que l’affaire du Sahara est le biotope à travers lequel le pouvoir algérien respire l’oxygène pour son existence.
# Phobie et mécontentement à Alger
Une lecture attentive entre les lignes de ce communiqué sous-entend un discours des français adressé au Algériens de ne plus compter sur leur soutien dans toute manœuvre anti-marocaine concernant la question du Sahara.
Également, il ressort clairement de ce communiqué que les militaires d’Alger avaient l’intention d’anticiper la déclaration officielle française en guise de protestation pour éviter l’embarras dans lequel ils sont tombés précédemment lorsqu’ils étaient informés par les Espagnols de leur intention de soutenir la proposition d’autonomie proposée par le Maroc avant sa déclaration officielle.
#Analyse de la lettre du président Français
La position officielle française a fait l’objet d’une lettre adressée par le président français à S.M le Roi, une lettre axée sur deux points fondamentaux:
*Le premier est que la France soutient la souveraineté marocaine sur le Sahara,
Ce qui signifie une reconnaissance de l’artificialité du problème et la levée de l’ambiguïté qui a accompagné cette question initialement créée par la France et l’Espagne en tant qu’ex-colonisateurs et du pouvoir Algérien mandaté depuis plus de soixante ans pour pérenniser l’instabilité dans cette région.
En effet, il s’agit d’une ambiguïté provoquée qui a débuté en 1960, lors de la création de la Mauritanie par la France en découpant une partie du territoire marocain, suivie par plusieurs manœuvres pour empêcher le Maroc de récupérer ses provinces qui étaient encore occupés ( Tarfaya et Sidi Ifni), ajouté à cela les tentatives de falsification du recensement de la population sahraoui en 1974 par intégration d’allochtones du Sahel sans aucun lien avec le Sahara.
Une sorte de simulacre de différend, d’ailleurs les Nations Unies disposent de toutes les preuves historiques et juridiques liées à la légitimité populaire attestant la souveraineté marocaine sur le Sahara.
Personne n’ignore aujourd’hui que l’Algérie s’investit dans ce conflit artificiel et que sa diplomatie oriente tous ses mouvements autour de cette question, prétendant n’avoir aucun objectif ni intérêt sauf sa détermination de soutenir le peuple sahraoui pour l’autodétermination comme elle l’a toujours fait avec les mouvements de libération à travers le monde.
Mais sa dernière réaction à travers les termes de son communiqué est une preuve irréfutable de son implication directe dans ce conflit et que le Polisario n’est qu’un tremplin utilisé par les militaires d’Alger pour réaliser leurs objectifs expansionnistes.
*Le second point consiste à l’engagement de la France de ne plus soutenir quiconque qui s’investit dans ce conflit contre la souveraineté du Royaume du Maroc sur son Sahara.
L’adoption de cette position engage l’Etat français à l’imposer aux niveaux national et international.
-Sur le plan national, l’assemblée générale française par exemple ne pourra plus inviter ni recevoir les représentants des séparatistes, autrement dit, dorénavant, le Polisario et leur maître algérien ne pourront plus trouver refuge ni être protégés par les institutions françaises.
-Sur le plan international, la France s’engage à respecter cette position auprès de l’Union européenne, de la cour et du parlement européen, du Conseil de sécurité, des Nations Unies, bref, toutes les organisations régionales et internationales dans lesquelles la France est présente.
Il s’agit d’une position incontestée, solide et contraignante.
## Retour à la raison
En effet, cette volonté de quitter la zone grise, de revenir à la raison et de soutenir clairement le Maroc effraie le pouvoir algérien qui était obligé de publier deux communiqués en moins de trois jours et retirer son ambassadeur à Paris.
Cette dernière comédie s’est répétée plus d’une fois pendant ces dernières années.
En plus, ce qui rend les militaires d’Alger encore malades lorsqu’ils imaginent que cette position pourrait encourager le Maroc à élargir l’éventail des revendications, à commencer par le Sahara oriental suivis par les autres territoires découpés du Maroc et annexés illégalement à l’Algérie française.
Au fait, le Maroc, pays souverain, n’attend de quiconque une reconnaissance de sa souveraineté sur ses territoires, mais reste ouvert à accueillir tout médiateur en vue d’une négociation basée sur sa proposition d’autonomie qui reste une solution réaliste.
Maintenant les deux ex- colonisateurs ont clairement exprimé leur position et le régime algérien se trouve orphelin avec des milices armées du Polisario installés à Tindouf…….?
D’ailleurs, la nouvelle position de la France n’est pas une bénédiction de sa part, mais un retour à la raison après avoir expérimenté toutes les voies des manœuvres pour contrer les intérêts du Royaume.
On a encore en mémoire l’affaire Qatar- Gat, Pegasus, accusation du Royaume pour violation des droits de l’homme par des organisations corrompues et par le parlement européen.
# Une position unilatérale au rang d’un accord.
Pour comprendre en profondeur la valeur et la solidité de la position française, faisons un petit rappel des fondements des relations internationales.
En effet, elles s’apprêtent à l’étude à travers deux axes:
-L’axe de l’histoire diplomatique
-L’axe des accords et des traités.
Conformément à ces deux piliers, le droit international a été promulgué.
Ainsi, le domaine des accords et traités est restreint et limité par un ensemble de règles que l’on s’accorde et que l’on écrit.
Par contre l’histoire des relations diplomatiques revêtent des formes très diverses, à commencer par les correspondances entre pays, les engagements, les promesses orales, les mémorandums, qui constituent tous des preuves, une sorte d’actif qui peut servir pour l’établissement d’accords et de traités.
L’actuelle position de la France envers le Maroc est certes un engagement à sens unique et unilatéral, mais elle incarne un engagement de soutenir la souveraineté du Maroc sur son Sahara et l’adoption de cette position au niveau national et international. Donc cela passe au rang d’un accord à deux volontés, celle de l’offreur ( France) et de l’accepteur ( Maroc), ce dernier ayant notifié la nouvelle position l’a bien accueillie.
D’ailleurs, S.M le Roi avait bien précisé que la première cause nationale constitue le télescope à travers lequel le Maroc voit ses partenaires tels qu’ils soient.
Marrakech le 04/08/2024