
Noureddine Benchekroun/ Bureau de Marrakech
Le grand saut économique du Maroc représenté par les réalisations de projets industriels couvrant plusieurs domaines, est devenu un centre d’intérêt des médias français qui commencent à s’inquiéter de cette montée imprévisible d’un pays qu’on considérait en difficultés et qui est devenu en un temps très court compétiteur en Afrique.
## Un arsenal de chantiers lancés
en même temps.
En effet, le Royaume s’est lancé avec force dans l’industrie de pointe et la fabrication automobile, sans oublier
son engagement à réaliser des méga-projets à intérêt continental tel que le gazoduc Nigeria- Maroc et le projet Atlantique auquel adhèrent 23 pays Africains en plus des pays du Sahel.
Un arsenal de chantiers auxquels s’intéressent les médias publics français surtout lorsqu’il s’agit des efforts fournis par le Royaume pour sa sécurité et sa souveraineté énergétique, piliers de toute indépendance alimentaire et amélioration du niveau de vie de sa population.
Outre la rapidité de réalisation de ces projets et leur grande percée ont dépassé les attentes.
## La souveraineté énergétique:
Une priorité
Le Maroc vient de signer un protocole d’accord qui prévoit la création de 5 entreprises publiques pour construire un Gazoduc reliant le Gazoduc Maghreb Europe au nouveau terminal gazier du port Nador West Med.
Un projet qui a beaucoup tardé compte tenu des relations tendues et de l’hostilité in fine manifestée par l’Algérie à l’égard du Maroc.
Car, comment se fait-il que le Royaume ne dispose pas d’entrepôts pour stocker le gaz, et se trouve obligé de l’acheminer vers l’Espagne pour transformation après l’avoir acheté à l’état brut sur le marché international.
Ce recours aux autres est en soi une faiblesse qui doit être surmontée immédiatement car les relations internationales sont basées uniquement sur les intérêts et les positions politiques peuvent changer du jour au lendemain en fonction de l’évolution des avantages économiques.
## Le projet Gazoduc Nigeria- Maroc
mis sur les rails.
Le géant projet Gazoduc Nigeria-Maroc fait couler plus d’encre ces derniers jours surtout après la récente annonce depuis New-York du ministre Nigérien du pétrole,
concernant l’engagement irrévocable de son pays pour réaliser ce projet au côté du Maroc et qu’en décembre prochain il dévoilera officiellement la liste des financements.
En effet, on voit bien que les deux pays se sont tournés vers le monde anglo-saxon pour concertation et recherche de ressources financières, loin des manipulations et des promesses francophones qui ont transformé le projet Gazoduc Nigeria-Algérie en simple mirage après l’avoir annoncé dès le début des années 80.
Ceci dit, le Maroc a également annoncé la création d’une société mixte Marocco-Nigerienne pour la recherche d’autres fonds de financement. A noter également que le Royaume, à travers la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux Emirats Arabes Unis a garanti le financement de la plus grande part de ce méga-projet.
## Le Maroc, futur géant énergétique
Ainsi apparaît la force de la diplomatie marocaine qui intègre dans ses démarches les volets économiques.
En effet, le Royaume vient de percer le marché international de l’énergie avec une large perspective en mettant en œuvre un projet géant censé changer certaines caractéristiques du monde, surtout que
l’Europe s’étouffe sous la pression de la guerre d’Ukraine, avec une Russie intransigeante qui impose sa loi énergétique. Cette Europe guidée par les consignes françaises n’aura plus d’issues qu’être alimentée par le gaz Nigérien via le Gazoduc précédemment cité et dont les vannes de distribution seront tenues et contrôlées par le Royaume du Maroc.
## Effritement du rôle français
De ce qui précède, on commence déjà à constater l’effritement progressif du rôle français dans cette grande équation énergétique soutenue par la coalition anglo-saxonne dirigée par les États-Unis d’Amérique.
Une série d’échecs dont le dernier est la récente visite effectuée par le ministre français des affaires étrangères au Maroc, qui n’avait pour but que de se rapprocher d’un ancien client considéré fidèle mais qui a vite changé de camp à cause des mauvaises prestations françaises.
Néanmoins, cette fois ni la ruse, ni l’intelligence diplomatique françaises n’ont servi à changer quoi que ce soit. En effet, le timing était mal choisi, et il fallait attendre au moins l’arrêt final de la cour de justice Européenne, sachant que cette dernière est téléguidée à distance par les hommes de l’Élysée. D’ailleurs, c’est ce même ministre des affaires étrangères qui a été l’artisan des plaintes déposées par les fédérations des agriculteurs contre les produits marocains.
Aujourd’hui la balle est dans le camp des européens aux intérêts contradictoires et l’Espagne s’aligne avec force au côté du Maroc, elle reste par excellence le premier bénéficiaire des produits marocains notamment les ressources halieutiques.
Donc le Royaume a déjà gagné une course à laquelle il n’a même pas participé.
Marrakech le 05/04/2024